Ainsi est-il…

Certaines situations nous rappellent douloureusement notre condition animale. Nous étions tranquillement attablés à la terrasse du Coin du Monde. Une gorgée de trop et l’instant suivant, Xavier, un ami libertin gay se mit à courir les 100 m à poils libres autour du bistro. Des jeunes hommes d’origine maghrébine s’en trouvèrent choqués – humiliation suprême, leurs parents auraient pu passer dans le coin et tomber nez à nez avec l’engin de cet exhibitionniste un peu trop imbibé. Ils l’interceptent donc, l’ami refuse de se rhabiller, les coups n’en finirent plus de pleuvoir. Xavier s’effondra et du sang se mit à couler. Pas de coupable sur qui lancer la pierre, juste du déterminisme couplé à du hasard, ni du bien ni du mal, mais par-delà le bien et le mal… j’ai bon me dite que la liberté n’est qu’illusion, que rien de tout cela n’aurait pu être évité, et que personne ne choisit d’être un héros ou un salaud – « Nul n’est méchant volontairement. », a dit notre ami Socrate…, mais tout nietzschéen que l’on puisse être, on a tout de même, quelques fois, un peu de mal à ne point déplorer certaines situations, à aimer les choses telles qu’elles sont – le surhomme, cela ne sera donc pas pour moi, ce soir -, mais bon, piètre consolation certes, Onfray l’a dit : Même Nietzsche n’a pas toujours été nietzschéen » – Mais là encore, aucun libre arbitre donc aucun choix. Pas toujours aisé d’être philosophe sur les chemins de l’imminence.

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Myriam Hrybynyk

Écrivain - Blogueuse - Photographe et Éditrice

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